Alain Ferdière, Université de Tours, LAT UMR 6173 CITERES

D'abord attestée dans le Sud-Est (Narbonnaise), la viticulture s'étend rapidement, dès le 1er s. ap. notre ère à de nombreuses régions des Gaules (BRUN et LAUBENHEIMER 2001 ; BRUN 2005).

Les découvertes archéologiques de ces dernières années confirment cette remarquable diffusion : plantations de vignes reconnues, outils (serpette), ateliers d'amphores à vin, vestiges de pressoirs ou de chais à dolia, découvertes de pépins de raisins ou de pollens de vigne...

Jusque dans les années 1980 (DION 1959 : 165, 171, 177 ; COUDERC, PROVOST 1990) la viticulture tourangelle n'était attestée que par une seule source textuelle tardive. Grégoire de Tours mentionne, en effet, à la fin du VIe s., une réserve de vin dans une demeure privée de Tours et la présence de vignes (Historiarum libri decem,VII, 22). Au cours du dernier quart de siècle, les données archéologiques se sont accumulées (BRUN 2005 : 125).

Des témoignages de viticulture et de production de vin sont maintenant connus pour les régions de la vallée de la Loire (Saint-Patrice), de la Vienne (Antogny, Crouzilles), du Cher (Thésée-Pouillé), de l'Indre (Cheillé)(voir LAUBENHEIMER 1986)...

Il est remarquable que plusieurs de ces sites sont à proximité de crus tourangeaux aujourd'hui renommés : Bourgueil (Saint-Patrice), Chinon (Mougon, commune Crouzilles), coteaux du Cher (Pouillé). D'autres productions locales d'amphores à vin sont d'ailleurs maintenant attestées dans la cité des Turons, sur les lieux de consommation (dont Tours),sans que les centres de production soient connus (BARTHÉLÉMY-SYLVAND, CHAMBON, COUVIN 2005).

Les études carpologiques (pépins de raisin : identifications B. Pradat, INRAP) nous apportent quelques informations complémentaires concernant la viticulture tourangelle antique. C'est le cas dans une bien moindre mesure de la palynologie (identification de pollens de vigne, en général rares) (cf. COUDERC 1990 ; 2007) ; en effet, la vigne sauvage, présente depuis longtemps dans la région, est impossible à distinguer de la vigne cultivée, susceptible de produire du vin, à partir des seuls pollens.

Pour citer cette notice : FERDIÈRE A. - La viticulture gallo-romaine, in : Atlas Archéologique de Touraine, http://a2t.univ-tours.fr/notice.php?id=99, 2007

Voir aussi :
- La viticulture médiévale et moderne

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La viticulture gallo-romaine
Dernière mise à jour
27 juin 2011

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