Relief et réseau hydrographique


Nicolas Poirier

L'Indre-et-Loire est un département de confluence, recueillant une part importante des eaux du Massif Central. Il se caractérise par un vaste plateau uniforme et faiblement ondulé, au relief peu accentué, qui offre des horizons étendus et larges, dénués d'accidents brusques.

La carte montre de bas plateaux creusés de larges vallées qui ont formé un paysage aux reliefs estompés, rythmé par les rivières et leurs affluents qui viennent se jeter dans la Loire. L'ensemble est orienté Est-Ouest suivant une pente douce. Le sillon creusé par la Loire (qui draine l'ensemble des plateaux) sépare le département en deux parties distinctes (carte 1) :

- Au nord, un plateau monotone porte une ligne de hauteurs peu saillantes et parallèle à la Loire qui délimite les bassins versants de la Loire au sud et du Loir au Nord.

- Au sud, plusieurs vallées importantes (Cher, Indre, Vienne et Creuse) entaillent le plateau et rompent sa monotonie. Leurs coteaux sont les seuls accidents marqués du relief de la Touraine.

La Vallée de la Loire se caractérise par une vallée bien marquée, soulignée par des coteaux parfois très forts. Le fleuve décrit de larges méandres à l'intérieur de son lit majeur, buttant sur un coteau avant de repartir sur le versant opposé. Entrant dans le département de l'Indre-et-Loire à une altitude de 58 mètres à Mosnes, la Loire quitte le département à Candes-Saint-Martin, à 28 mètres au dessus du niveau de la mer.

D'une façon générale, les différents affluents ne se jettent pas de manière directe dans le fleuve mais serpentent parallèlement à la Loire avant de la rejoindre. Le réseau de bras abandonnés (boires) et d'affluents qui divise la vallée en une série de bandes de prairies souvent inondables parallèlement aux coteaux est le résultat d'héritages complexes.

La géométrie du tracé hydrographique est dissymétrique dans le département puisque les affluents majeurs de La Loire viennent du sud. Tous subissent donc les mêmes types de temps océaniques et leurs épisodes d'abondance ou de pénurie coïncident de façon d'autant plus intense que leurs jonctions se concentrent sur des secteurs limités. De plus, le seul trait climatique non atlantique qui conditionne la formation des débits est l'appartenance du cours supérieur de la Loire au domaine climatique méditerranéen, marqué par la sécheresse estivale et la violence des averses de printemps ou d'automne. La conjonction des deux phénomènes, atlantique et méditerranéen, engendre d'une part des débordements (crues) et d'autre part des périodes de basses eaux (étiage) qui engendrent toutes deux d'importantes transformations du paysage ligérien (DIREN Centre 2000).

Les recherches entreprises depuis une quinzaine d'années dans le cadre de la Zone-Atelier Loire sur l'évolution des paysages fluviaux de la Loire moyenne ont porté sur cinq zones-ateliers réparties sur le cours du fleuve : d'est en ouest, le val d'Avaray (entre Beaugency et Blois), le val de Tours, le val triple (entre le bec du Cher et le bec de l'Indre), le val de Cinq-Mars-la-Pile/Langeais et le val d'Authion (Carcaud et al.2002; Carcaud, Cyprien, Visset 2003; Visset 2014b). Elles ont mis en évidence une métamorphose au début de l'Holocène, suivie d'une stabilisation dynamique avec multiplication des marais tourbeux dans les bras morts, puis d'une réactivation de l'hydrosystème à la fin du Subboréal, il y a 2.500 ans, et au Subatlantique. L'empreinte anthropique, sensible à partir de l'époque romaine, s'accentue au cours du Moyen Age et des Temps modernes avec la construction de digues le long du lit mineur (Dion 1961). L'aménagement de levées (ou "turcies") le long de la Loire est documenté par les sources écrites médiévales. La première mention de turcie en Touraine, datée entre 1060 et 1100, est localisée à Chouzé-sur-Loire. Par un document délivré entre 1156 et 1172, Henri II Plantagenêt organisa l'entretien des levées qui s'étendaient à son époque sur la rive droite depuis Saint-Martin-de-la-Place, en Anjou, jusqu'à Saint-Patrice, en Touraine, sur une longueur d'environ 42 km (Zadora-Rio 2004). L'endiguement s'est poursuivi au cours des siècles suivants (Dion 1961). En période d'hydrologie active, ce forçage du cours du fleuve aggrave les risques d'inondation dans les vals.

Voir aussi :
- Géographie et géomorphologie régionales
- Le paléoenvironnement au cours de l'Holocène d'après les données palynologiques
- Le paléoenvironnement au Tardiglaciaire d'après les données palynologiques
- Vallée de la Choisille : occupation du sol et érosion
- L'évolution de la plaine alluviale de Tours au Quaternaire récent

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